2°C, à prendre au premier degré

Selon le World Ressources Institute (WRI), les contributions volontaires décidées au niveau national par les pays signataires de l’Accord de Paris (NDCs) nous mènent vers un réchauffement compris entre 2,7 et 3,7°C au cours de ce siècle. Il existe donc un fossé important entre les préconisations scientifiques et les engagements politiques.

Pour combler ce fossé, le Global Compact des Nations Unies, le WWF, le CDP, et le WRI, ont lancé en 2015 à l’occasion de la COP21, l’initiative Science Based Targets (iSBT). Elle vise à accompagner les entreprises dans la définition d’objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre alignés sur la trajectoire des 2°C.

En avril 2017, le Global Compact France et Compta Durable ont publié un guide en langue française proposant un décryptage des méthodologies proposées par l’iSBT. Ce « Guide pratique pour la définition d’objectifs carbone alignés sur les connaissances scientifiques », volontairement pédagogique revient sur l’importance de l’engagement des entreprises dans la lutte contre le changement climatique et invite à la mise en place d’une stratégie climatique efficace.

Fin avril 2017, 244 entreprises européennes ou américaines sont engagées dans la démarche Science Based Targets dont 42 sont reconnues comme étant réellement en ligne avec les préconisations scientifiques.

Objectifs climatiques : température, ppm ou émissions absolues

Les objectifs de limitation du réchauffement peuvent être formulés de plusieurs manières :

  • En pourcentage d’émissions par rapport à une année de référence. C’est le cas dans le protocole de Kyoto ou du fameux Facteur 4 français.
  • En concentration de CO2 à ne pas dépasser. Ainsi l’AIE recommande une stabilisation autour de 550 ppm et les ONG autour de 450 ppm. Nous devrions cette année 2017 passer la barre des 410 ppm.
  • En seuil de température. A Copenhague en 2009 lors de la COP15, les 2°C ont été inscrits dans le marbre du régime climatique international. Ces 2°C correspondent à la moitié de la différence de la température qui nous sépare d’une ère glaciaire.

Du fait des processus naturels incertains, il est dangereux de baser sur des objectifs en température. Ils favorisent en effet le pari et la prise de risque. Ainsi, émettre 900 GtCO2 cumulées entre 2010 et 2100 nous donne deux chances sur trois de rester en dessous des 2°C. Émettre 1 500 GtCO2 en offre moins de la moitié…