« Adieu veau, vache, cochon, couvée », la vision prémonitoire de Jean de La Fontaine

Le constat

Du 29 avril au 4 mai 2019, la France accueillait la 7e séance plénière de l’IPBES – Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité ; en d’autres termes le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Évolution du Climat) de la biodiversité. Ainsi, 145 scientifiques de 50 pays, en collaboration avec 310 experts reconnus, ont œuvré ces trois dernières années à réaliser un rapport exhaustif sur l’état mondial de la biodiversité, basé sur environ 15 000 références scientifiques.

Rendu public le 6 mai 2019, la situation dépeinte est sans appel : « l’état de tous les écosystèmes a empiré » nous explique Franck Courchamp, écologue au laboratoire d’écologie et chercheur au CNRS. Les résultats sont donc là, et ils sont terrifiants :

  • Sur 8 millions d’espèces animales et végétales comptabilisées sur Terre, 1 million sont menacées d’extinction.
  • 75% du milieu terrestre est sévèrement altéré par les activités humaines et 66% du milieu marin.
  • 500 000 espèces terrestres présentent un habitat insuffisant pour leur survie à long terme.

Si elle n’est pas encore atteinte techniquement parlant, les évolutions prévues par le rapport indiquent que l’humanité a toutes les probabilités d’assister à la sixième extinction de masse. Depuis son arrivée sur Terre, 2% des espèces se sont atteintes et près de 25% pourraient rapidement disparaître. La vitesse du phénomène est considérable puisqu’il s’agit d’évolution s’étalant jusqu’alors sur plusieurs millions d’années.

Le pourquoi ?

Cinq principaux facteurs, tous d’origine humaine sont mis en avant pour expliquer cet état mondial de la biodiversité :

  • la destruction et la dégradation des habitats naturels (forêts, fonds marins, coraux, etc.) ;
  • la surexploitation des espèces vivantes pour la satisfaction des activités humaines (pêches, déforestation, etc.) ;
  • la pollution de l’air, de l’eau, des sols, etc. ;
  • la croissance démesurée des espèces invasives liées à l’augmentation des échanges commerciaux ;
  • les changements climatiques, dont notamment le réchauffement globalisé des températures.

Le risque d’emballement

On ne cesse de le répéter : tout est lié. Le cycle de l’eau, les forêts, la vie des espèces terrestres et marines, l’effet de serre, les activités humaines, etc. Tout est lié. L’accélération des changements climatiques, telle qu’elle est prévue par les rapports successifs du GIEC risque de provoquer l’emballement de cette extinction de masse des espèces. Et, dans le même temps, la disparition progressive des espèces ne fera qu’aggraver les conséquences des changements climatiques en réduisant les capacités d’adaptation de toutes les populations.

Allons-nous continuer, en conscience, de cautionner l’effondrement à venir ?