MDP : un appel à soutenir l’Afrique

Bien que peu responsable des dérèglements climatiques, l’Afrique, qui représente 7% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, en est l’une des principales victimes. Le continent entier se mobilise pour contribuer lui aussi à la lutte contre le réchauffement climatique mais aussi et surtout pour s’adapter aux changements qui menacent son développement socio-économique.

Les négociations qui se tiennent actuellement à Bonn sont l’occasion pour Ecosur Afrique de lancer l’initiative « MDP – Afrique ».
Il s’agit d’un appel aux pays développés par 40 représentants gouvernementaux, d’entreprises et de la société civile, pour contrer la chute des cours des crédits carbone. En leur demandant d’injecter 2 milliards d’euros, l’opérateur de finance carbone espère redonner un second souffle au Mécanisme de Développement Propre (MDP) et donc contribuer activement au soutien de projets innovants, solidaires et favorisant un développement sobre en carbone en Afrique.

L’Appel propose 4 mesures fortes et immédiates pour mieux valoriser les crédits de carbone africains :
• Un guichet d’achat unique des crédits de carbone africains, automatique et centralisé
• Un prix minimum garanti à à 5€/tCO2 pour un objectif de 500 millions de tCO2 évitées en Afrique
• Un préfinancement des coûts procéduraux pour 500 projets africains
• Un multilinguisme d’action et d’efficacité pour un accès au marché équitable

Autre levier d’action au stade du développement de projets : le système de prêt à taux 0% actuellement proposé pourrait être renforcé. Une allocation de l’ordre de 50 millions € permettrait de préfinancer les coûts procéduraux de plus de 500 projets.

A 0,20 €, le prix du crédit carbone CER (Certified Emission Reduction) est un frein majeur au développement de nouveaux projets de compensation. Ce sujet renvoie directement au financement des pays les plus vulnérables face aux changements climatiques, enjeu crucial de la COP21.

En 10 ans, les projets MDP ont permis d’éviter 1,5 milliard TéqCO2. Mais l’Afrique n’a attiré que 3% du total de ces projets. Or, dans de nombreux cas, la finance carbone a fait ses preuves du point de vue de sa participation au développement socio-économique du pays hôte. Il est donc essentiel que le futur cadre international renforce et garantisse son utilisation pour et par les pays africains.

Source : Lettre ouverte à Madame Christiana Figueres, Secrétaire Générale de la Convention Cadre des Nations-Unies contre les Changements Climatiques (CCNUCC).