Arctique, tac, tic, tac…

L’horloge tourne, immuable. Comme inévitable, l’étendue de la glace arctique est appelée à disparaitre. Marqueur le plus évident du réchauffement planétaire, la fonte des glaces polaires : -75% de volume de banquise depuis 1980. Les causes de cette diminution brutale de l’épaisseur de glace ?

  • Le réchauffement de l’atmosphère : les pôles de la planète se réchauffent plus vite que partout ailleurs, précisément deux fois plus pour l’Arctique.
  • La modification de circulation atmosphérique et de la banquise depuis 1980.
  • La diminution de la surface de la glace pluriannuelle, c’est-à-dire celle qui survit d’une année sur l’autre.

A l’inverse de l’Antarctique, qui est un continent, la banquise du Nord se forme sur l’océan glacial arctique. Sa glace est donc bien plus vulnérable aux variations de températures. On a récemment observé la disparition de glaces vieilles d’une dizaine d’année en seulement une semaine. Le système s’emballe, et l’Arctique est au premier rang, payant un lourd tribut. Les températures supérieures de 20°C par rapport à la norme cet hiver en témoignent.

Winter is (really) coming ?
L’Arctique joue un rôle de climatiseur de l’hémisphère Nord. L’eau absorbe 90% de la chaleur du soleil, mais la glace au contraire réfléchit 90% de cette chaleur. Si on enlève la glace, c’est comme si on retirait le réfrigérant du climatiseur. Conséquence : des océans plus chauds. Mais aussi :

  • Des hivers plus froids en Europe si le gulf stream était déstabilisé
  • 4 millions de personnes vivants au Nord du cercle polaire déplacées
  • De nouvelles routes commerciales si d’ici 2040 les mers polaires deviennent navigables
  • De nouveaux gisements d’hydrocarbures avec 13 % des ressources mondiales non découvertes de pétrole et 30 % de celles de gaz naturel sou l’Arctique

La variable d’ajustement, c’est l’activité humaine. L’évolution future de la banquise arctique dépendra de nos choix de sociétés et notamment nos choix énergétiques. Des choix qui s’opèrent aujourd’hui mais qui auront des effets dans 20 ou 30 ans. Pas sûr que d’ici là le conseil de l’Arctique ou la récente interdiction d’Obama de forer dans cette zone existent encore.

Aller plus loin :
Le 1 Hebdo : « Pôle Nord le frigo est détraqué »
Webdocumentaire : 79° Nord, Au cœur du dérèglement climatique