Biodiversité et climat : le silence des abeilles

La biodiversité terrestre représente 6000 espèces de plantes, 40 000 invertébrés et 1000 vertébrés. Ces espèces ont réussi depuis des millénaires à s’adapter et à se développer ; du moins jusqu’à ces 150 dernières années car face à la rapidité et à la force des dérèglements climatiques, cette biodiversité est menacée.

Mark Urban, auteur d’une étude sur la biodiversité, résume l’urgence de la situation : « Le plus surprenant est que le risque d’extinction ne fait pas que s’accroître avec la hausse des températures, il s’accélère ».  Dans un scénario à +2°C, cette étude estime que 5,2% des espèces seraient menacées d’extinction. A +3°C ce serait 8,5% de la biodiversité qui serait mise en danger. Toutefois, chaque région et chaque espèce sont différentes. Dans les régions chaudes, la biodiversité pourrait diminuer de 10% mais elle pourrait augmenter dans d’autres régions, par exemple jusqu’à +300% dans les zones polaires. Le GIEC estime qu’aujourd’hui 80% des espèces ont déjà eu à subir un changement imputable au réchauffement climatique. Nous sommes aujourd’hui capables de prédire quels seront les impacts d’une hausse des températures de 2°C sur la biodiversité. Au-delà de ce seuil l’incertitude est totale, ce qui rend encore plus difficile la mise en œuvre des politiques efficaces de protection de la biodiversité.

Depuis les débuts de l’agriculture, 10 000 espèces ont été cultivées par l’Homme. Aujourd’hui, seulement 150 espèces végétales sont couramment cultivées. D’après le dernier Rapport Planète Vivante 2014, les populations de poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles ont régressé d’en moyenne 52% par rapport à 1970. Or c’est la diversité génétique qui a permis à certaines espèces et aux hommes de devenir plus résilients.

Symbole de ce déclin, les abeilles font face au phénomène d’« effondrement des colonies ». On estime que près de 42% des colonies ont disparu aux Etats-Unis. D’après la revue médicale britannique The Lancet, le déclin global des pollinisateurs pourrait provoquer une augmentation de la mortalité mondiale humaine de 3%. Notre propre destin et celui de la biodiversité sont donc étroitement liés.