Ça gaz pour le climat !

Ça gaz pour le climat 

Aujourd’hui constitué à 80% d’énergies fossiles, le mix énergétique mondial entre dans une période de mutation. En 2015, le pétrole est la première source d’énergie avec 33% du total, suivi du charbon (27%) et du gaz (21%). D’ici 2040, les choses pourraient changer. De nombreuses études anticipent une augmentation de la part du gaz qui passerait en seconde position. La part du pétrole ne représenterait plus que 25% de l’énergie mondiale.

Le gaz est souvent considéré comme un moindre mal. En effet, une tonne équivalent pétrole (tep) de charbon émet 1,12 téqC contre 0,83 pour une tep de pétrole et 0,65 pour une tep de gaz naturel. Un écart qui justifie la valorisation du gaz aux dépends des deux autres énergies fossiles. D’ailleurs, certains projets issus du Mécanismes de Développement Propre (MDP) se basent sur le remplacement  du pétrole ou du charbon par du gaz naturel. Cette substitution se fait souvent en complément de la mise en place d’équipements énergétiques plus performants.

L’arrivée du gaz de schiste a engendré des changements majeurs sur les marchés gaziers. C’est aux Etats-Unis que la révolution silencieuse a débuté. Dès 2010, le gaz de schiste représentait déjà 23% de la production de gaz aux Etats-Unis, contre seulement 14% en 2009. L’exploitation des gaz de schiste américains va obliger les exploitants traditionnels que sont la Russie, l’Iran et les pays du Golfe à anticiper une concurrence future et potentiellement une baisse des prix. Mais le gaz, à la différence du pétrole, est plus difficile à transporter. De ce fait, l’Union Européenne et l’Asie sont pour l’instant peu concernées par ces évolutions de la donne énergétique mondiale. A cela s’ajoute de très fortes craintes environnementales sur les gaz de schiste : contamination des nappes phréatiques, libération de gaz à effet de serre et même tremblements de terre. Des craintes avérées qui rappellent que pour limiter l’augmentation des températures à +2°C d’ici 2100, il faut qu’au moins 80% des réserves d’énergie fossiles restent sous terre