Les négociations climatiques sur la Bonn voie ?

Si les meilleures volontés semblent affichées par les États et les entreprises, le chemin de la COP21 reste semé d’embûches. Réunis à Bonn du 1er au 11 juin, les négociateurs climat ont pour objectif de clarifier et alléger le texte de 80 pages issu de la COP20 de Lima. Ce texte servira de base aux négociations qui se tiendront à Paris en décembre.

Les premières négociations sur le climat ont plus de 20 ans. Elles ont débuté en 1990 avec le premier rapport du GIEC suivi de l’adoption de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) lors du Sommet de Rio en 1992. Depuis, les Conférences des Parties qui se tiennent chaque année sont les principales enceintes des négociations qui regroupent 196 pays.
L’accord de Kyoto scellé en 1997 lors de la COP3 incarne à la fois les avancées et les échecs des négociations internationales. Avancées parce qu’il a par exemple permis de lancer un système international d’échange de quotas d’émissions carbone. Échecs parce qu’un pays comme les Etats-Unis, premier émetteur de CO2 à l’époque, ne s’est pas engagé dans ce cadre international. Kyoto a d’abord été un signal, une base pour expérimenter. Depuis, les négociations se sont enchainées pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto, jusqu’à la COP n°15, surnommée « Flopenhague ».
A quelques mois de la COP21, la représentante de la délégation française, Mme Ségolène Royale, le reconnaît elle-même : « les négociations de l’ONU sont totalement inadaptées à l’urgence climatique ».

Cœur battant de la lutte contre les changements climatiques, les engagements contraignants de Kyoto de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont devenus les contributions pour Paris.

Bien qu’attendues pour la fin du mois de mai 2015, tous les pays n’ont pas fourni leurs INDC (Intended Nationaly Determined Contributions). Parmi les bons élèves : pays de l’U.E, Russie, Etats-Unis, Canada, Mexique et même Gabon, premier pays africain à se prononcer. L’absence de contributions comme celles du Japon ou de l’Australie sont remarquées. D’après le World Resources Institute, les INDC actuellement soumises ne couvrent ainsi que 31,1% des émissions globales. Une nouvelle vague de contributions est attendue pour septembre.

Au soir de la fin du cycle de négociations de Bonn, il semblerait que le compte n’y est pas. Le document aurait perdu seulement 5 à 10 % de son volume. Les discussions ont trop largement porté sur la place des ponctuations, et pas assez sur les questions essentielles telle que le financement. Le texte de Paris est encore à l’état brut et intègre toutes les options possibles, toutes les visions du monde. Il faudra pourtant s’accorder sur une synthèse qui pose notre ligne de défense : limiter le réchauffement global à 2°C.

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Climat et Objectifs du Développement Durable

Alors que le sommet de Paris sur les changements climatiques doit aboutir en décembre 2015 à la signature d’un nouvel accord mondial, un autre sommet de grande importance se tiendra à New York en septembre. Les dirigeants mondiaux se réuniront pour donner une suite aux Objectifs du Millénaire pour le Développement avec l’adoption d’un programme post-2015 répondant aux enjeux suivants : mettre fin à la pauvreté et à la faim, améliorer la santé et l’éducation, bâtir des villes plus durables, protéger les océans et les forêts et combattre les changements climatiques.

Le défi climatique sera donc à l’ordre du jour de ce sommet du développement durable. Les textes en préparation stipulent qu’il est « urgent de combattre les changements climatiques et ses impacts ». Le dérèglement du climat est en effet perçu comme une menace grandissante pour le développement des pays, au nord comme au sud.

La Convention Cadres des Nations Unis sur les Changements Climatiques (CCNUCC) reste cependant la plateforme principale de négociations pour répondre à ce défi.

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