Economie du climat : orthodoxe ou hétérodoxe

Si le consensus existe sur la réalité scientifique du réchauffement climatique, il est plus difficile à trouver pour les solutions économiques à mettre en œuvre pour le contenir à 2°C. Considérée comme science de régulation des activités de production et d’échanges de biens et de services, l’économie nous donne des clés pour limiter les changements climatiques. Un débat anime justement deux grandes branches de cette discipline : hétérodoxes et orthodoxes.

D’un côté les tenants d’une économie dite orthodoxe s’appuient notamment sur les modèles mathématiques. Pour ce courant de pensée d’origine néo-libérale, les instruments du marché sont les plus à même de trouver une solution au problème du climat. Cette solution se traduit par la définition d’« un prix du carbone unique au niveau mondial, supervisé par une organisation multilatérale » associé à des permis d’émissions échangeables entre pays. C’est une approche « top-down », c’est-à-dire que les décisions prises par les décideurs politiques sont imposées aux citoyens.

De l’autre côté, des économistes du climat, assimilés hétérodoxes, se basent sur l’ « économie politique ». Ce courant s’apparente à « une science sociale car elle s’intéresse à l’activité des hommes vivant en collectivités organisées ». L’approche « bottom-up » fait la part belle aux individus en prenant en compte leurs comportements pour étudier et évaluer des actions locales et graduelles de mise en œuvre de solutions. L’économie politique cherche à comprendre les spécificités de chaque acteur, son comportement, ses motivations pour comparer ensuite les décisions prises. Ces dernières sont analysées pour juger celles qui peuvent-être reproduites selon les situations. Il n’y a donc pas qu’une solution imposée par les décideurs. Au contraire, les expérimentations au cas par cas sont encouragées pour ensuite les adapter selon les besoins.

Les mécanismes du Protocole de Kyoto ont montré les limites de l’approche « top-down ». En occultant l’influence des conflits sociaux, des tensions géopolitiques, et des orientations sociétales, ce système n’a pas pris en compte une grande partie des obstacles freinant la mise en œuvre d’une politique efficace de préservation du climat.

Aujourd’hui, le curseur se déplace vers le domaine social et politique en intégrant les considérations de chaque Etat, leurs besoins et leurs réalités. La solution ne sera pas exclusive. C’est probablement un système mixant ces deux approches qui permettra d’inverser la courbe des températures mondiales.

Pour aller plus loin :

Polémique entre économistes du climat

Energie et climat : contradictions d’experts

Les scientifiques chauffent la salle avant la COP 21

Pour un accord efficace sur le climat