El Niño, le retour

Un faible El Niño a été officiellement déclaré par les scientifiques de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) le 5 mars 2015. On constate un léger décalage dans les prévisions l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) de l’an dernier qui prévoyait un El Niño dès la moitié de 2014 et jusqu’aux premiers mois de 2015.

El Niño est un phénomène climatique qui se réalise tous les 2 à 7 ans et qui peut avoir une incidence majeure sur le climat mondial. Il se manifeste par une hausse de la température de l’océan Pacifique. Ces eaux tropicales chaudes transfèrent alors cette chaleur vers l’atmosphère, ce qui peut augmenter la température de surface moyenne globale mais également favoriser la réalisation d’évènements météorologiques extrêmes : inondations, sécheresses, cyclones.

Le dernier El Niño majeur remonte à 1997-1998. On lui attribue 23.000 victimes dans le monde et il a provoqué entre 34 et 46 milliards de dollars de dégâts. En 1982 et 1983, un El Niño de grande ampleur semait également le trouble sur la planète. El Niño peut avoir des effets dévastateurs sur l’agriculture et donc la sécurité alimentaire. Par exemple, les récoltes de blé en Australie peuvent être particulièrement affectées.

Pour l’heure, c’est un très « faible » El Niño qui est en marche. Les scientifiques ont noté que les températures à la surface de la mer dans la région Niño 3.4, c’est-à-dire au centre de l’océan Indien, ont été au moins 0,5 °C au-dessus de leur moyenne historique depuis septembre. Enfin, El Niño 2015 arrive bien plus tard dans l’année que d’habitude et ses chances de persister tout l’été sont de 50 à 60 % selon la NOAA. El Niño 2015 est donc peu susceptible de modifier les conditions météorologiques mondiales de façon radicale. Cependant, 2014 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée malgré l’absence de l’enfant terrible du climat. Les années avec El Niño ont tendance à être un peu plus chaudes que la moyenne car d’avantage de chaleur est transférée de l’océan à l’atmosphère. Les températures de 2015 pourraient donc potentiellement dépasser celles de 2014. De quoi renforcer la détermination des décideurs politiques pour trouver un accord à Paris en décembre 2015 lors de la COP21.

Source
Le site de surveillance de la NOAA : www.elnino.noaa.gov
Crédit photos : NOAA