La taxe Tobin au secours du Fonds vert

Taxe Tobin, taxe Robin des Bois, taxe sur les transactions financières (TFF), trois noms différents pour un même projet discuté depuis plusieurs décennies. C’est James Tobin, lauréat du Prix Nobel d’Économie qui a eu l’idée de taxer les transactions monétaires internationales. Nous sommes en 1972, un an après la fin du système de Bretton Woods et l’abandon de la convertibilité en or du dollar. L’incertitude grandissante sur les marchés et une libéralisation galopante laissent craindre certains excès sur les marchés financiers. James Tobin cherche à lutter contre la volatilité des taux de change sur les marchés financiers en instaurant une taxe au taux faible mais avec une assiette large. La redistribution des recettes pour les pays pauvres n’est pas l’objectif principal.

La taxe sur les transactions financières ou TTF, est dernièrement revenue sur le devant de la scène pour son potentiel de financement du Fonds Vert, objet de discussion central des négociations internationales sur le climat. La volonté politique, notamment européenne semble être plus forte. Or, les dernières négociations européennes à ce sujet en décembre 2014 se sont soldées par un échec.

En 2012, 11 pays européens s’engageaient sur la voie d’une taxe sur les transactions financières. En 2013, la Commission européenne proposait qu’elle porte sur les actions, les obligations et les produits financiers dérivés. Mais depuis, les acteurs financiers bataillent pour qu’ils en soient exclus. Le ministère français des finances a soumis une contre-proposition excluant 97 % des produits dérivés. Alors que la version européenne de la TTF rapporterait 35 milliards d’euros par an à la France, celle défendue jusqu’alors par Paris n’en générerait que 3 ou 4 milliards.

L’objectif des 100 milliards de dollars annuels du Fonds vert promis par les pays développés aux pays en développement pour les aider à faire face aux dangers des changements climatiques est encore bien loin. La Taxe Tobin permettrait de lever des fonds très importants, rapidement et de manière pérenne. Reste à trouver un accord global sur le sujet qui impliquerait l’ensemble des pays pour ne pas créer de distorsion et d’effets d’aubaine.

Le Président François Hollande s’était engagé à ce que la TTF soit mise en vigueur dans les onze pays européens en 2016, au plus tard 2017. Dans le futur, une telle avancée serait une très bonne nouvelle pour les pays en développement et surtout pour le climat.