Marché du carbone : les chinois au charbon

Premier pays émetteur de gaz à effet de serre depuis 2005, la Chine s’engage progressivement dans la lutte contre les changements climatiques. Pour faire suite à son intention annoncée de voir ses émissions atteindre un pic en 2030, la Chine va lancer son propre marché du carbone national.

Particulièrement touchée par les impacts des changements climatiques, notamment sur son agriculture, la Chine doit faire face à des défis majeurs. Une récente étude sur la pollution des villes chinoises a révélé que respirer à Pékin équivaut à 40 cigarettes par jour obligeant les autorités à décider la fermeture de 3 usines à charbon sur les 4 existantes. Représentant près de 70% de son mix énergétique, le charbon est une menace pour la santé, l’environnement et le climat. La Chine est donc obligée de prendre des mesures pour prévenir des dérèglements climatiques qui menaceraient une économie en perte de vitesse.

Du MDP au marché du carbone

La Chine représente actuellement 60% des crédits carbone (CER, Certified Emission Reduction), générés par des projets MDP. Du fait d’un scenario de référence d’émissions de gaz à effet de serre élevé, la Chine est un pays idéal pour mettre en œuvre des projets de compensation carbone. En parallèle, et alors que le pays faisait partie de l’annexe 1, la Chine a lancé quelques initiatives de compensation carbone volontaire et de marchés carbone locaux dans des villes comme Shenzen.

Forte de ces expériences de tarification et de contraintes carbone, la Chine a annoncé cette semaine à New-York lors de la rencontre entre les Présidents Obama et Xi Jinping qu’un système de quotas de CO2 serait généralisé en 2017 dans tout le pays. Inspiré de l’EU ETS européen, il sera basé sur le système de « cap and trade ». Ce marché réglementé concernera les principales industries polluantes du pays à savoir la sidérurgie, le papier, le ciment et l’électricité.

A quelques semaines de la COP21 de Paris, cette nouvelle va dans le bon sens. Pendant longtemps réticente à l’idée d’objectifs contraignants en matière de lutte contre les changements climatiques, la Chine a contribué au blocage des négociations internationales. Au Sénat américain, l’immobilisme chinois a souvent servi d’excuse pour ne pas engager les Etats-Unis dans la lutte pour le climat. Les récents échanges entre chinois et américains dans le cadre de rencontres bilatérales montrent qu’une nouvelle époque est en marche, laissant espérer que les deux pays deviennent des locomotives lors de la COP21.