Marché du carbone : la main bien visible de l’Europe

A 9 mois de l’échéance COP21, l’Europe éclaircit un peu l’horizon de son marché du carbone à bout de souffle.
Le problème ? Un surplus de quotas d’émissions de CO2 qui a fait chuter lourdement le prix des « droits à polluer » d’environ 75 % depuis la crise de 2008. Aujourd’hui, la tonne de carbone stagne aux alentours de 5 €. Loin des 30 €/tonne nécessaire selon les économistes pour activer le caractère incitatif du système. En juillet 2013, Bruxelles avait déjà gelé 900 millions de tonnes de quotas jusqu’en 2020 (400 en 2014, 300 en 2015 et 200 en 2016).
Cette mesure d’urgence, appelée Backloading, autorisait la réintroduction de ces quotas sur le marché en 2019 et 2020.

Une réserve de stabilité, mais pas tout de suite

La commission environnement du Parlement européen a donc adopté la proposition de réforme pressentie : retirer des quotas d’émission du marché pour créer la rareté et faire remonter le prix.
Cette main bien visible de l’Europe vise à créer une réserve de stabilité. Les quotas retirés en période de récession seront redistribués en période de croissance.

Surplus Quotas

La Commission européenne, qui estimait en 2014 à 2,1 milliards le nombre de quotas en surplus, va donc alléger le marché de 1,7 milliard de quotas… en 2019. 4 longues années pendant lesquelles de nouveaux quotas non utilisés devraient s’accumuler.

Selon les estimations de Reuters, le prix du carbone devrait à terme reprendre des couleurs et renouer avec les 25 € de sa jeunesse en 2025.

Source : Euractiv

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