Permafrost et méthane biologique, les deux bombes climatiques

L’année 2015 venait à peine de commencer que la barre symbolique des 400 ppm avait déjà été franchie. « ppm », ou parties par millions, correspond à l’unité de mesure de concentration du CO2 dans l’atmosphère.

Repères chiffrés

Pendant plus de 400 000 ans, le taux de CO2 dans l’atmosphère est resté en deçà de 280 ppm (soit 0,028%). Puis en 1988, les 350 ppm, niveau sous lequel nous devons rester pour ne pas subir de dérèglement climatique, ont été dépassées.

450 ppm correspond à un « point de basculement » dans une ère nouvelle de +2°C de réchauffement, seuil critique au-dessus duquel les conséquences des changements climatiques deviennent, selon les scientifiques, hors de contrôle.

CO2 threat level

Au nom du Permafrost

Le CO2 est loin d’être le seul enfant terrible du climat.

Sur un cycle de 100 ans, le méthane (CH4) est 27 fois plus réchauffant que le CO2. Le méthane est partout : il est émis par l’élevage, l’agriculture, les activités humaines et surtout il est stocké à l’état naturel dans la glace de notre planète.

C’est le serpent du climat qui se mord la queue : plus il y a de CO2, plus la température monte. Plus la température monte, plus le méthane des sols gelés est libéré. Plus il y a de méthane, plus la température monte, etc. C’est ce qu’on appelle des boucles de rétroactions : l’effet est lié à sa propre cause.

Ainsi, les sols gelés de Sibérie ou du nord du Canada appelés permafrost (ou pergisol) constituent de vraies bombes climatiques.

 

Le méthane biologique des lacs arctiques

De nouvelles recherches sur des lacs peu profonds du versant nord de l’Alaska suggèrent que, dans des scénarios de hausse des températures mondiales, les communautés microbiennes présentes dans les couches de sédiments lacustres peuvent produire du biométhane.

Une étude publiée ce mois-ci en géobiologie, résultant de cinq années de recherche, montre que la décomposition de la matière organique peut produire jusqu’à trois fois plus d’émissions de méthane lorsqu’elle est soumise à des températures plus élevées.

« Dans les scénarios de réchauffement climatique, » a déclaré Murray, l’un des auteurs de l’étude, « nos mesures indiquent que la production de méthane biologique peut jouer un rôle plus important dans les émissions totales de méthane dans l’avenir, ce qui pourrait avoir un impact significatif sur notre climat. »

 

Source

L’évolution en direct de la concentration de CO2 en ppm dans l’atmosphère sur le site co2.climate-kic.org