Réchauffement climatique : quelle pause ?

Alors que sur la période 1951-2012, les températures ont augmenté d’en moyenne 0.12°C par décennie, ces dernières n’ont augmenté que de 0.05°C de 1998 à 2012. Cette « pause » du réchauffement climatique depuis 1998 est une idée persistante qui a renforcé les convictions des climato-sceptiques et intrigué les scientifiques qui ont tenté de l’expliquer. C’est désormais chose faite et leur conclusion est sans appel : il n’y pas eu de pause du réchauffement climatique.

Pour mesurer les températures globales les scientifiques utilisent des bouées en mers, des sondes par bateau ou par satellites. Or si les bouées ou les satellites permettent de couvrir une vaste étendue, ils ne donnent que la température de la surface des océans, et non leur température réelle.

Thomas Karl, directeur du Centre de Données Climatiques américain, a procédé à une nouvelle série de mesure sur terre et en mer. Mais il a cette fois pris en compte le réchauffement de l’Arctique – le plus important au monde – qui était jusque-là très peu représenté en raison des difficultés d’accès. L’étude a aussi intégré l’année 2014, année la plus chaude depuis le début des mesures.

Autre biais à prendre en compte : l’année 1998 qui sert de référence. Elle a été particulièrement chaude en raison d’un fort El Niño. Par conséquent, les années suivantes ont paru bien plus fraîches.

Selon Thomas Karl « Nos données suggèrent que le rythme du réchauffement climatique des 15 dernières années est en réalité au moins aussi rapide voire plus rapide que ce que l’on a pu constater dans la deuxième moitié du XXème siècle ». Sur la période 2000-2014 les températures auraient augmenté de 0.116°C contre 0.113°C entre 1950 et 1959. Les auteurs estiment également que lorsque les données relatives au réchauffement de l’Arctique seront complètes, cette augmentation sera encore plus élevée.