Réchauffement climatique : Winter is (really) coming

Ouragans, feux de forêts, canicules… En période estivale, le réchauffement climatique grossit les traits des extrêmes météorologiques. Mais tout n’est pas perdu pour les climato-sceptiques. Certains scientifiques s’attendent en effet à des hivers plus…froids !

Jet Stream
Cette pièce majeure de la machine climatique de l’hémisphère Nord est un courant d’altitude puissant formé par la différence de température entre l’Arctique et les tropiques. Or, les régions polaires se réchauffent deux à trois fois plus vite qu’ailleurs sur la planète. Stefan Rahmstorf, spécialiste du climat à l’Institut Potsdam, explique comment le jet-stream pourrait être affecté par ces changements.
Si l’océan se réchauffe du fait de la fonte de la calotte glaciaire en Arctique et qu’il soit par exemple à zéro degré, il sera beaucoup plus chaud que l’air ambiant. Un flux chaud remonte alors vers l’atmosphère provoquant une modification du jet-stream. Selon Jean Jouzel, le courant serait moins linéaire, il se déformerait pour créer des poches de froid dans des latitudes inférieures. Le réchauffement des pôles entraînerait donc des vagues de froid quasi polaire sur les territoires concernés par le jet-stream, c’est-à-dire en Europe, aux Etats-Unis et au Canada. 
Ainsi, durant l’hiver 2013-2014, le jet-stream polaire est descendu bien plus loin que d’habitude vers le Sud, glaçant l’Est des États-Unis jusqu’à Atlanta, une ville subtropicale.

Gulfstream
C’est un autre courant qui pourrait être affecté par le recul de la banquise. L’eau douce produite par cette fonte massive lors de l’été qui précède l’hiver en question, pourrait se précipiter vers le Gulf Stream. Ce courant océanique joue un rôle majeur dans la régulation des températures hivernales de l’ouest de l’Europe. Les chercheurs du GIEC ont émis l’hypothèse que le réchauffement climatique pourrait entraîner l’arrêt de la circulation thermohaline par la diminution de la salinité et par conséquent impacter le courant Atlantique plus ou moins fortement. Comme pour le jet-stream, cette perturbation conduirait à des hivers plus froids et plus rigoureux.

Sur ces sujets, comme sur n’importe quels autres pronostics climatiques, la prudence est de mise. De nombreuses données doivent encore être récoltées pour affiner les modèles. La science climatique n’est pas une science de bon sens (réchauffement = chaleur) et il est souvent difficile de répondre simplement par oui ou par non. La machine climatique est particulièrement complexe et vérifier ces hypothèses va prendre du temps, mais peut être moins que de les vivre réellement.