Une session pavée de Bonn intentions

« Nous sommes tous vulnérables aux dérèglements climatiques et nous devons tous agir » c’est par ces mots que le Premier ministre fidjien M. Bainimarama, futur président de la COP23, a clôt ce jeudi 18 mai une session de 10 jours de négociations climat.

Le sentiment général partagé par les 140 délégations ayant participé aux débats est celui d’un « élan commun ». Il n’y a pas eu de blocages mais des discussions, notamment autour de la rigueur et la souplesse des règles d’application de l’Accord de Paris. Car c’est bien de ça dont il s’agissait : définir un mode d’emploi de l’Accord. Les négociateurs ont jusqu’en 2018, c’est-à-dire 18 mois, pour finaliser ces futures règles du jeu.
Les discussions n’ont pas été paralysées par l’ombre de l’éventuelle sortie de l’Accord par les Etats Unis. Contre toute attente, cette situation de non-décision « crée une forme de solidarité », David Levai de l’IDDRI.

Une partie des échanges s’est également focalisée sur les préparatifs de la COP23 qui se déroulera à Bonn entre le 6 et le 17 novembre 2017. Ce sera la première fois qu’un État insulaire, les iles Fidji, va mener les négociations.
La réunion qui s’est achevée était d’ailleurs fortement orientée sur l’aspect vulnérabilités des communautés, enjeu cher à la présidence. On a notamment assisté à l’opérationnalisation de la plate-forme des peuples autochtones créée à la COP21 de Paris et à l’inauguration d’un Comité de Paris sur le renforcement des capacités (PCCB, en anglais).
Enfin, mercredi 17 mai, près de 50 pays parmi les plus vulnérables au changement climatique ont conjointement appelé à renforcer l’action mondiale contre le réchauffement planétaire. Un signal fort alors que les anomalies climatiques se généralisent et s’amplifient.

Hormis cet enjeu Vulnérabilité, les priorités de la présidence fidjienne portent sur :

  • La construction d’une résilience plus forte pour les populations les plus vulnérables
  • L’accès aux financements climat, notamment ceux pour l’adaptation
  • L’innovation, l’entreprise et l’investissement pour accélérer le déploiement de solutions climato compatibles
  • Le renforcement d’un lien plus étroit entre la santé des océans et des mers du monde et les impacts du changement climatique
  • Les interactions de la Présidence grâce au concept de « Talanoa », un processus de dialogue inclusif, participatif et transparent qui développe l’empathie et mène à une prise de décision pour le bien collectif.

Les dirigeants politiques sont quant à eux attendus sur les prochaines échéances internationales du G7 (fin mai) et du G20 (en juillet).
L’ambition demeure un sujet central. Selon le WRI, la somme des NDC nous nous mène vers un réchauffement compris entre 2,7 et 3,7°C au cours de ce siècle. Quant aux 1,5 °C, ils pourraient être atteints d’ici une dizaine d’année.

Le communiqué de presse de cloture de la session