Stagnation des émissions de CO2 dans le monde

C’est une bonne nouvelle dans la lutte contre le changement climatique. Malgré l’accroissement démographique constant et une croissance économique positive, les émissions mondiales de CO2 issues du secteur énergétique en 2015 se sont stabilisées pour la 2ème année consécutive.

C’est la quatrième fois en 40 ans que l’on observe une stagnation voire une chute des émissions, « mais la 1ère fois que l’on peut observer cette stagnation pendant une période de croissance économique de l’ordre de +3%», selon le FMI. Cela signifie que l’augmentation de la production en énergie semble moins influer sur les volumes d’émissions. Ce résultat est en grande partie dû à l’augmentation et au développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, hydraulique) en remplacement ou en complément des anciennes technologies plus polluantes basées sur des ressources fossiles carbonées. La production électrique d’origine renouvelable représente aujourd’hui plus de 20% de la production d’électricité mondiale. Une situation qui n’est ni acquise, ni durable.

Les énergies fossiles dominent encore aujourd’hui le mix énergétique mondial, elles sont responsables de près de 80% des émissions en CO2 au total. D’importants efforts ont été fournis et notamment par les 2 pays les plus pollueurs : les émissions ont diminué de 1,5% pour la Chine qui réduit sa consommation en charbon depuis 2014 et qui prévoit la fermeture de nombreuses mines cette année. Les émissions ont baissé de 2% pour les Etats Unis qui se sont tournés, depuis 2007, vers l’utilisation de gaz, émettant moins de CO2 que le charbon. La seule ombre au tableau, vient de l’Union Européenne.  

On observe une augmentation de ses émissions en CO2 de près de 0,7% en 2015, ce qui semble aller à l’encontre de ses prévisions et de sa volonté de réduire ses émissions de 40% d’ici 2030. Cette hausse soudaine peut en grande partie s’expliquer par le manque d’implication, dans la lutte contre les émissions en carbone, de certains pays de la zone euro comme la Slovaquie, le Portugal, ou bien la Hongrie (2). Cette tendance, si elle se poursuivait, serait néfaste aux objectifs de réductions. Il ne faut pas pour autant blâmer l’Europe qui a globalement déjà permis une baisse significative de 19% de ses émissions par rapport à 1990 et qui reste dans le peloton de tête des négociations climatiques. C’est en poursuivant ces efforts que pourra s’amorcer sur le long terme une diminution plus importante des émissions de CO2 et ainsi maintenir sous la barre des 2°C les températures moyennes mondiales par rapport à l’ère préindustrielle, d’ici la fin du siècle.

Lire le communiqué de presse d’Eurostat : Premières estimations des émissions de CO2 issues de la consommation d’énergie