GIEC : un nouveau cycle est en marche

Le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) a répondu favorablement à la demande faite par les États lors de la COP21 pour rédiger un 6ème rapport qui paraitra en 2018. Cette nouvelle expertise aura pour but d’établir les conséquences d’un réchauffement contenu sous la barre des +1,5°C, énoncé par la communauté internationale à Paris, comme étant la limite fixée à ne pas dépasser d’ici 2100. Il établira aussi les prévisions et les futures évolutions des émissions de gaz à effet de serre qui évolueront en conséquence.

2 autres rapports complémentaires ont été commandés par certains États (comme la France, la Chine ou les États-Unis). Ils concernent :

  • Les liens et les effets du changement climatique sur les océans et la cryosphère
  • Les effets du réchauffement sur les écosystèmes : désertification, dégradation des sols, sécurité alimentaire et flux de gaz à effet de serre.

Ces « rapports spéciaux » seront remis aux gouvernements à l’horizon 2022.

Créé en 1988 par le OMM et PNUE, afin d’effectuer une expertise indépendante concernant l’évolution du climat, le GIEC mobilise pendant plusieurs années des centaines de scientifiques à titre bénévole. Son dernier rapport a été remis en 2014 et a servi de base de travail pour les négociations durant la COP21.

Si le GIEC avait jusqu’à aujourd’hui un rôle limité à la détection et l’attribution des dérèglements climatiques, un nouveau cycle de travail est en marche. Ce 6ème rapport permettra sans doute d’apporter un éclairage nouveau sur le sens des efforts collectifs à fournir par les différents pays, en vue d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2.

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Marché du carbone : les chinois au charbon

Premier pays émetteur de gaz à effet de serre depuis 2005, la Chine s’engage progressivement dans la lutte contre les changements climatiques. Pour faire suite à son intention annoncée de voir ses émissions atteindre un pic en 2030, la Chine va lancer son propre marché du carbone national.

Particulièrement touchée par les impacts des changements climatiques, notamment sur son agriculture, la Chine doit faire face à des défis majeurs. Une récente étude sur la pollution des villes chinoises a révélé que respirer à Pékin équivaut à 40 cigarettes par jour obligeant les autorités à décider la fermeture de 3 usines à charbon sur les 4 existantes. Représentant près de 70% de son mix énergétique, le charbon est une menace pour la santé, l’environnement et le climat. La Chine est donc obligée de prendre des mesures pour prévenir des dérèglements climatiques qui menaceraient une économie en perte de vitesse.

Du MDP au marché du carbone

La Chine représente actuellement 60% des crédits carbone (CER, Certified Emission Reduction), générés par des projets MDP. Du fait d’un scenario de référence d’émissions de gaz à effet de serre élevé, la Chine est un pays idéal pour mettre en œuvre des projets de compensation carbone. En parallèle, et alors que le pays faisait partie de l’annexe 1, la Chine a lancé quelques initiatives de compensation carbone volontaire et de marchés carbone locaux dans des villes comme Shenzen.

Forte de ces expériences de tarification et de contraintes carbone, la Chine a annoncé cette semaine à New-York lors de la rencontre entre les Présidents Obama et Xi Jinping qu’un système de quotas de CO2 serait généralisé en 2017 dans tout le pays. Inspiré de l’EU ETS européen, il sera basé sur le système de « cap and trade ». Ce marché réglementé concernera les principales industries polluantes du pays à savoir la sidérurgie, le papier, le ciment et l’électricité.

A quelques semaines de la COP21 de Paris, cette nouvelle va dans le bon sens. Pendant longtemps réticente à l’idée d’objectifs contraignants en matière de lutte contre les changements climatiques, la Chine a contribué au blocage des négociations internationales. Au Sénat américain, l’immobilisme chinois a souvent servi d’excuse pour ne pas engager les Etats-Unis dans la lutte pour le climat. Les récents échanges entre chinois et américains dans le cadre de rencontres bilatérales montrent qu’une nouvelle époque est en marche, laissant espérer que les deux pays deviennent des locomotives lors de la COP21.

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Les obligations vertes au secours du climat

Qu’est-ce qu’une obligation? Il s’agit d’un titre de créance. Cela veut dire qu’en achetant une obligation on achète la part d’une dette émise par un Etat, une collectivité publique ou une entreprise. En contrepartie on reçoit un intérêt fixe ou variable décidé au moment de l’achat.

L’obligation verte répond à des critères environnementaux spécifiques garantissant que les projets financés permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre ou aider un territoire à s’adapter aux évolutions locales du climat. Les projets financés vont de la gestion des déchets au développement des énergies renouvelables, en passant par la rénovation thermique des bâtiments. Les premières obligations « climat » ont été lancées par la Banque Européenne d’Investissement en 2007. Depuis, la part de ces obligations sur le marché obligataire mondial ne cesse de grandir. Entre 2013 et 2014, l’émission d’obligations vertes a plus que triplé passant de 11 milliards à plus de 36 milliards de dollars en terme volume financier. Cette activité n’est aujourd’hui plus réservée qu’aux acteurs institutionnels, des entreprises privées se positionnent durablement sur ce marché d’avenir.

Pour obtenir l’étiquette « verte », une obligation doit remplir certains critères que la Climate Bonds Initiative et la Banque Mondiale tentent d’instaurer : efficacité énergétique, transport, gestion de l’eau, adaptation… Basés sur une approche purement environnementale, ces critères ne prennent pas encore en compte l’ensemble des impacts socio-économiques des projets financés.

Sur les 100 000 milliards de dollars que représente aujourd’hui le marché obligataire mondiale, 500 milliards auraient une « orientation climat ».

 

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La montée des eaux désormais inévitable

2005, ouragan Katrina : la Nouvelle-Orléans est submergée à 80% par les eaux causant 1800 morts. 2008, cyclone Nargis : 150 000 morts dans le delta de l’Irrawaddy en Birmanie également à cause de la montée des eaux.

Si les inondations liées à des phénomènes extrêmes sont de plus en plus puissantes et récurrentes, il ne faut pas oublier que la montée des eaux est un phénomène qui touche l’ensemble des littoraux du monde. On estime que depuis quelques décennies . Deux causes à cette augmentation : la fonte des glaces et la dilation thermique de l’eau sous l’effet de la hausse des températures. Alors que le GIEC craignait une augmentation du niveau des mers de 98cm , la NASA vient de publier un rapport estimant qu’une hausse de 1 mètre du niveau des mers est désormais inévitable pour 2100.

La moitié de la population mondiale vit aujourd’hui à moins de 200 km des côtes et 1 personne sur 10 est à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. En France, 24% du littoral est menacé par l’érosion. Des conséquences associées à cette augmentation du niveau marin sont préoccupantes : la salinisation des terres cultivables, la contamination de l’eau potable, l’affaissement des sols, la perte d’habitat pour la biodiversité. Une étude de Nature Climate Change estime que les inondations pourraient à elles seules couter 1000 milliards de dollars de dégâts chaque année.

En plus des efforts pour limiter la hausse du niveau des mers, il est impératif de s’y adapter. Le Bangladesh, qui risque de perdre 40% de ses terres, les Pays-Bas qui sont forcés d’ériger de nouvelles digues, les habitants des îles du Pacifique qui sont obligés de fuir leurs terres, l’érosion des côtes dans les Landes… Si tous les pays sont touchés, ils ne sont pas tous égaux face à ce phénomène. Les pays devant faire face aux conséquences les plus graves sont très souvent ceux dont les populations sont les plus fragiles. Face à cette situation, la communauté internationale devra prendre ses responsabilités lors de la COP21 à Paris en décembre

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Biodiversité et climat : le silence des abeilles

La biodiversité terrestre représente 6000 espèces de plantes, 40 000 invertébrés et 1000 vertébrés. Ces espèces ont réussi depuis des millénaires à s’adapter et à se développer ; du moins jusqu’à ces 150 dernières années car face à la rapidité et à la force des dérèglements climatiques, cette biodiversité est menacée.

Mark Urban, auteur d’une étude sur la biodiversité, résume l’urgence de la situation : « Le plus surprenant est que le risque d’extinction ne fait pas que s’accroître avec la hausse des températures, il s’accélère ».  Dans un scénario à +2°C, cette étude estime que 5,2% des espèces seraient menacées d’extinction. A +3°C ce serait 8,5% de la biodiversité qui serait mise en danger. Toutefois, chaque région et chaque espèce sont différentes. Dans les régions chaudes, la biodiversité pourrait diminuer de 10% mais elle pourrait augmenter dans d’autres régions, par exemple jusqu’à +300% dans les zones polaires. Le GIEC estime qu’aujourd’hui 80% des espèces ont déjà eu à subir un changement imputable au réchauffement climatique. Nous sommes aujourd’hui capables de prédire quels seront les impacts d’une hausse des températures de 2°C sur la biodiversité. Au-delà de ce seuil l’incertitude est totale, ce qui rend encore plus difficile la mise en œuvre des politiques efficaces de protection de la biodiversité.

Depuis les débuts de l’agriculture, 10 000 espèces ont été cultivées par l’Homme. Aujourd’hui, seulement 150 espèces végétales sont couramment cultivées. D’après le dernier Rapport Planète Vivante 2014, les populations de poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles ont régressé d’en moyenne 52% par rapport à 1970. Or c’est la diversité génétique qui a permis à certaines espèces et aux hommes de devenir plus résilients.

Symbole de ce déclin, les abeilles font face au phénomène d’« effondrement des colonies ». On estime que près de 42% des colonies ont disparu aux Etats-Unis. D’après la revue médicale britannique The Lancet, le déclin global des pollinisateurs pourrait provoquer une augmentation de la mortalité mondiale humaine de 3%. Notre propre destin et celui de la biodiversité sont donc étroitement liés.

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L’ambitieuse loi sur la transition énergétique adoptée

Après de nombreux allers-retours entre l’Assemblée Nationale et le Sénat, la loi sur la transition énergétique a finalement été adoptée par le Parlement lors d’un ultime vote, le 22 juillet 2015, après avoir incorporé un objectif ambitieux d’augmentation du prix du carbone.

Ce dernier vise un quadruplement du prix du carbone d’ici à 2030, ce qui le ferait passer de 22 euros aujourd’hui à 100 euros dans 15 ans. Une étape intermédiaire à 56 euros en 2022 est également prévue.

Pour rappel, le prix du carbone impacte directement les taxes intérieures sur la consommation d’énergie, notamment la TICPE et la TICGN. L’objectif est de faire en sorte que le prix du carbone corresponde à sa valeur nécessaire pour parvenir à changer les comportements. Par ailleurs, la fiscalité écologique ne se traduira pas par une hausse de la fiscalité globale. En effet, toute hausse de la contribution climat énergie doit être compensée par un allègement d’autres taxes ou impôts.

D’autres mesures ont été votées, notamment en faveur du développement des énergies renouvelables avec des simplifications administratives et d’accès aux financements. La précarité énergétique, le gaspillage alimentaire ainsi que la rénovation de l’habitat ont aussi été abordés. Reste maintenant à rendre ces mesures opérationnelles après l’inscription du projet dans la loi de finances 2016.

 

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L’océan Austral : véritable poumon de notre planète

L’Homme émet environ 10 milliards de tonnes d’équivalent CO2 chaque année. La moitié de ces émissions se cumule dans l’atmosphère et contribue au renforcement de l’effet de serre. L’autre moitié est absorbée par les puits de carbone : les forêts et les océans. Ces derniers absorbent près de la moitié de ces 5 gigatonnes mais l’océan Austral représente à lui seul 50% de la capacité totale d’absorption des cinq océans, soit près d’un quart de nos émissions globales !
L’océan Austral constitue donc un des rouages essentiels du système climatique mondial et attire l’attention de nombreux climatologues et océanographes.
Le phytoplancton au centre du jeu
Le phytoplancton correspond à l’ensemble des organismes végétaux vivant en suspension dans les océans. Il est un élément clé du cycle du carbone. Ces micro-organismes captent le CO2 atmosphérique grâce à la photosynthèse. Le CO2 est dissout dans l’eau et transformé en calcaire, lequel coule vers le fond des océans où il finit par former les roches sédimentaires.

Plus les émissions de gaz à effet de serre augmentent, plus les océans s’acidifient. Cette acidification s’est déjà accrue de plus de 26% par rapport à l’ère préindustrielle causant des dommages sur la biodiversité marine. La capacité des océans à absorber le gaz carbonique semble arriver à saturation les océans et par conséquent ils pourraient à l’avenir moins capter de CO2… Les océans, et particulièrement l’océan Austral, sont essentiels dans la lutte contre les changements climatiques. Ils seront à coup sûr sur la table des discussions lors de la prochaine grande conférence des Nations-Unies sur le climat, la COP21.

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