Que reste-t-il de l’Accord de Paris ?

2018, 195 pays l’ont signé et 175 l’ont ratifié. L’Accord de Paris est bel et bien universel.

Néanmoins, en juin 2017, les États-Unis, par la voix de leur Président Donald Trump, ont fait le choix de quitter la dynamique internationale en sortant de l’Accord de Paris. Et ils ne sont pas les seuls à ne pas associer les paroles et les actes. La Russie, de son côté, fait durer le plaisir puisqu’elle n’a pour l’instant que signer l’Accord et que Vladimir Poutine a rappelé, non sans une pointe d’humour, en juin 2017 que « cet accord, ne doit entrer en vigueur qu’à partir de 2021, nous avons encore le temps. Jusqu’à maintenant nous n’avons pas ressenti de hausse des températures ici… » à l’occasion du Forum économique de Saint Pétersbourg.

Dans ce contexte particulier, et à quelques mois de la COP24 accueillie par la Pologne en décembre prochain, il convient de faire un état des lieux de la géopolitique climatique mondiale.

À l’inverse de ce qui s’était passé à la suite du refus des États-Unis de ratifier le protocole de Kyoto, en 1997 (avec une unanimité sénatoriale à l’époque, 95 voix contre 0), la sortie américaine n’a cette fois pas eu d’effet d’entraînement. Au contraire, une dynamique d’isolement s’est initiée dans les négociations climatiques et a débordé sur les autres sommets internationaux traitant de la lutte contre les changements climatiques.

Et pourtant, tout n’est pas rose. La cause climatique se cherche toujours un leader !

L’Union européenne, ancien « Chevalier blanc » du climat demeure à la peine pour retrouver sa position de leader sur la scène internationale. De fait, l’ambition stagne en raison des désaccords des États membres et d’une montée du populisme ou encore d’une réforme du marché ETS – Emission Trading Scheme – qui n’a pas apporté le surcroît de cohérence attendu pour répondre à l’urgence climatique. Malgré une forte mobilisation de certains États membres, dont la France, le compte n’y est pas.

Vers qui se tourner ? Les pays émergents ? La Chine, bien qu’ayant incontestablement pris conscience de son impact sur le climat, semble toujours accuser le coup d’une incohérence entre une diplomatie engagée pour le climat et des décisions nationales climaticides liées notamment aux énergies fossiles. L’Inde, quant à elle, voit la transition énergétique et écologique comme une aubaine économique et une nécessité face à l’accroissement de la pollution atmosphérique, mais ne parvient pas à s’affirmer suffisamment sur le plan diplomatique.

La COP24 sera donc décisive sur le plan diplomatique. Le leadership français parviendra-t-il à associer cohérence et action ? L’Europe retrouvera-t-elle le chemin de l’ambition ? Les émergents sortiront ils d’une posture « en développement » trop marquée pour s’affirmer comme leader climatiques ? L’avenir le dira.

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2016 année de tous les records ?

Ça chauffe encore pour la planète ! L’année 2016 est bien partie pour être l’année la plus chaude jamais enregistrée depuis que les relevés de température existent. D’après le rapport sur l’état du climat en 2015, récemment publié par le NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), plus de 450 scientifiques de 62 nationalités s’accordent à observer une recrudescence des perturbations climatiques. 2016 est la 9ème année consécutive à battre un record de température. Les 6 premiers mois ont été les plus chauds jamais observés depuis 1880: Il semblerait que le réchauffement climatique ne soit pas prêt de ralentir. Les résolutions prisent lors de la COP21 pour le contenir sous la barre des +1,5°C sont alors plus que jamais indispensable.

Cette augmentation de la température est plus importante du côté de la banquise arctique dont la fonte s’est accélérée, aujourd’hui sa surface minimale diminue de près de 13 % par décennie. De plus le phénomène El Niño a été particulièrement impactant, puisque il a globalement réchauffé les eaux de l’océan Pacifique sur une majeure partie de l’année 2015 et provoque encore de nombreux épisodes de sécheresse. À l’heure actuelle, il contribuerait à 40 % du réchauffement observé. Le bilan reste également alarmant concernant le niveau des mers, qui atteignent leurs plus hauts niveaux depuis 1993.

Malgré les nombreux efforts entrepris par la communauté internationale, les actions restent en réalité très peu concrètes. Les dernières projections montrent que le pic d’émissions des gaz à effet de serre, n’a toujours pas été atteint et donc qu’aucune réelle chute mondiale des émissions ne s’est encore amorcée. La transition énergétique reste à l’avenir le moyen le plus efficace pour diminuer les émissions mondiales et ainsi faire chuter les concentrations en GES. Les mesures devront être mises en place le plus rapidement possible avant que les températures ne s’emballent plus encore.

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Marché du carbone : les chinois au charbon

Premier pays émetteur de gaz à effet de serre depuis 2005, la Chine s’engage progressivement dans la lutte contre les changements climatiques. Pour faire suite à son intention annoncée de voir ses émissions atteindre un pic en 2030, la Chine va lancer son propre marché du carbone national.

Particulièrement touchée par les impacts des changements climatiques, notamment sur son agriculture, la Chine doit faire face à des défis majeurs. Une récente étude sur la pollution des villes chinoises a révélé que respirer à Pékin équivaut à 40 cigarettes par jour obligeant les autorités à décider la fermeture de 3 usines à charbon sur les 4 existantes. Représentant près de 70% de son mix énergétique, le charbon est une menace pour la santé, l’environnement et le climat. La Chine est donc obligée de prendre des mesures pour prévenir des dérèglements climatiques qui menaceraient une économie en perte de vitesse.

Du MDP au marché du carbone

La Chine représente actuellement 60% des crédits carbone (CER, Certified Emission Reduction), générés par des projets MDP. Du fait d’un scenario de référence d’émissions de gaz à effet de serre élevé, la Chine est un pays idéal pour mettre en œuvre des projets de compensation carbone. En parallèle, et alors que le pays faisait partie de l’annexe 1, la Chine a lancé quelques initiatives de compensation carbone volontaire et de marchés carbone locaux dans des villes comme Shenzen.

Forte de ces expériences de tarification et de contraintes carbone, la Chine a annoncé cette semaine à New-York lors de la rencontre entre les Présidents Obama et Xi Jinping qu’un système de quotas de CO2 serait généralisé en 2017 dans tout le pays. Inspiré de l’EU ETS européen, il sera basé sur le système de « cap and trade ». Ce marché réglementé concernera les principales industries polluantes du pays à savoir la sidérurgie, le papier, le ciment et l’électricité.

A quelques semaines de la COP21 de Paris, cette nouvelle va dans le bon sens. Pendant longtemps réticente à l’idée d’objectifs contraignants en matière de lutte contre les changements climatiques, la Chine a contribué au blocage des négociations internationales. Au Sénat américain, l’immobilisme chinois a souvent servi d’excuse pour ne pas engager les Etats-Unis dans la lutte pour le climat. Les récents échanges entre chinois et américains dans le cadre de rencontres bilatérales montrent qu’une nouvelle époque est en marche, laissant espérer que les deux pays deviennent des locomotives lors de la COP21.

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La montée des eaux désormais inévitable

2005, ouragan Katrina : la Nouvelle-Orléans est submergée à 80% par les eaux causant 1800 morts. 2008, cyclone Nargis : 150 000 morts dans le delta de l’Irrawaddy en Birmanie également à cause de la montée des eaux.

Si les inondations liées à des phénomènes extrêmes sont de plus en plus puissantes et récurrentes, il ne faut pas oublier que la montée des eaux est un phénomène qui touche l’ensemble des littoraux du monde. On estime que depuis quelques décennies . Deux causes à cette augmentation : la fonte des glaces et la dilation thermique de l’eau sous l’effet de la hausse des températures. Alors que le GIEC craignait une augmentation du niveau des mers de 98cm , la NASA vient de publier un rapport estimant qu’une hausse de 1 mètre du niveau des mers est désormais inévitable pour 2100.

La moitié de la population mondiale vit aujourd’hui à moins de 200 km des côtes et 1 personne sur 10 est à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. En France, 24% du littoral est menacé par l’érosion. Des conséquences associées à cette augmentation du niveau marin sont préoccupantes : la salinisation des terres cultivables, la contamination de l’eau potable, l’affaissement des sols, la perte d’habitat pour la biodiversité. Une étude de Nature Climate Change estime que les inondations pourraient à elles seules couter 1000 milliards de dollars de dégâts chaque année.

En plus des efforts pour limiter la hausse du niveau des mers, il est impératif de s’y adapter. Le Bangladesh, qui risque de perdre 40% de ses terres, les Pays-Bas qui sont forcés d’ériger de nouvelles digues, les habitants des îles du Pacifique qui sont obligés de fuir leurs terres, l’érosion des côtes dans les Landes… Si tous les pays sont touchés, ils ne sont pas tous égaux face à ce phénomène. Les pays devant faire face aux conséquences les plus graves sont très souvent ceux dont les populations sont les plus fragiles. Face à cette situation, la communauté internationale devra prendre ses responsabilités lors de la COP21 à Paris en décembre

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1 milliard de crédits carbone volontaires en 10 ans

Malgré sa taille faible par rapport au marché mondial du carbone, la compensation volontaire engendre des résultats positifs, c’est la conclusion du rapport annuel réalisé par Forest Trends et Ecosystem marketplace. En 10 ans, 1 milliard de crédits carbone ont été achetés pour 4,5 milliards de dollars.

La compensation volontaire du carbone peut prendre différentes formes : un barrage hydro-électrique en Turquie, des cuiseurs améliorés en Amérique du Sud, la restauration de la mangrove en Afrique ou la diffusion de digesteurs à biogaz en Asie. En 10 ans et malgré les tempêtes, la compensation carbone volontaire a montré tout son intérêt pour protéger le climat et favoriser un développement bas carbone, tant au Nord qu’au Sud.
L’avenir des marchés carbone volontaires dépend en grande partie des décisions qui seront prises lors des prochaines sessions de négociations internationales, notamment COP21. La compensation volontaire souffre en effet de l’absence d’un prix stable (et élevé) du carbone. Les actions d’acheteurs volontaires peuvent également informer et façonner les négociations internationales, comme ils le font d’ailleurs souvent au niveau national.

Source : Le rapport « Ahead of the curve » – State of voluntary carbon market 2015

 

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Les négociations climatiques sur la Bonn voie ?

Si les meilleures volontés semblent affichées par les États et les entreprises, le chemin de la COP21 reste semé d’embûches. Réunis à Bonn du 1er au 11 juin, les négociateurs climat ont pour objectif de clarifier et alléger le texte de 80 pages issu de la COP20 de Lima. Ce texte servira de base aux négociations qui se tiendront à Paris en décembre.

Les premières négociations sur le climat ont plus de 20 ans. Elles ont débuté en 1990 avec le premier rapport du GIEC suivi de l’adoption de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) lors du Sommet de Rio en 1992. Depuis, les Conférences des Parties qui se tiennent chaque année sont les principales enceintes des négociations qui regroupent 196 pays.
L’accord de Kyoto scellé en 1997 lors de la COP3 incarne à la fois les avancées et les échecs des négociations internationales. Avancées parce qu’il a par exemple permis de lancer un système international d’échange de quotas d’émissions carbone. Échecs parce qu’un pays comme les Etats-Unis, premier émetteur de CO2 à l’époque, ne s’est pas engagé dans ce cadre international. Kyoto a d’abord été un signal, une base pour expérimenter. Depuis, les négociations se sont enchainées pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto, jusqu’à la COP n°15, surnommée « Flopenhague ».
A quelques mois de la COP21, la représentante de la délégation française, Mme Ségolène Royale, le reconnaît elle-même : « les négociations de l’ONU sont totalement inadaptées à l’urgence climatique ».

Cœur battant de la lutte contre les changements climatiques, les engagements contraignants de Kyoto de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont devenus les contributions pour Paris.

Bien qu’attendues pour la fin du mois de mai 2015, tous les pays n’ont pas fourni leurs INDC (Intended Nationaly Determined Contributions). Parmi les bons élèves : pays de l’U.E, Russie, Etats-Unis, Canada, Mexique et même Gabon, premier pays africain à se prononcer. L’absence de contributions comme celles du Japon ou de l’Australie sont remarquées. D’après le World Resources Institute, les INDC actuellement soumises ne couvrent ainsi que 31,1% des émissions globales. Une nouvelle vague de contributions est attendue pour septembre.

Au soir de la fin du cycle de négociations de Bonn, il semblerait que le compte n’y est pas. Le document aurait perdu seulement 5 à 10 % de son volume. Les discussions ont trop largement porté sur la place des ponctuations, et pas assez sur les questions essentielles telle que le financement. Le texte de Paris est encore à l’état brut et intègre toutes les options possibles, toutes les visions du monde. Il faudra pourtant s’accorder sur une synthèse qui pose notre ligne de défense : limiter le réchauffement global à 2°C.

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Marché du carbone : la main bien visible de l’Europe

A 9 mois de l’échéance COP21, l’Europe éclaircit un peu l’horizon de son marché du carbone à bout de souffle.
Le problème ? Un surplus de quotas d’émissions de CO2 qui a fait chuter lourdement le prix des « droits à polluer » d’environ 75 % depuis la crise de 2008. Aujourd’hui, la tonne de carbone stagne aux alentours de 5 €. Loin des 30 €/tonne nécessaire selon les économistes pour activer le caractère incitatif du système. En juillet 2013, Bruxelles avait déjà gelé 900 millions de tonnes de quotas jusqu’en 2020 (400 en 2014, 300 en 2015 et 200 en 2016).
Cette mesure d’urgence, appelée Backloading, autorisait la réintroduction de ces quotas sur le marché en 2019 et 2020.

Une réserve de stabilité, mais pas tout de suite

La commission environnement du Parlement européen a donc adopté la proposition de réforme pressentie : retirer des quotas d’émission du marché pour créer la rareté et faire remonter le prix.
Cette main bien visible de l’Europe vise à créer une réserve de stabilité. Les quotas retirés en période de récession seront redistribués en période de croissance.

Surplus Quotas

La Commission européenne, qui estimait en 2014 à 2,1 milliards le nombre de quotas en surplus, va donc alléger le marché de 1,7 milliard de quotas… en 2019. 4 longues années pendant lesquelles de nouveaux quotas non utilisés devraient s’accumuler.

Selon les estimations de Reuters, le prix du carbone devrait à terme reprendre des couleurs et renouer avec les 25 € de sa jeunesse en 2025.

Source : Euractiv

Aller plus loin en téléchargeant les analyses et recommandations du WWF pour l’EUETS

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El Niño, le retour

Un faible El Niño a été officiellement déclaré par les scientifiques de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) le 5 mars 2015. On constate un léger décalage dans les prévisions l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) de l’an dernier qui prévoyait un El Niño dès la moitié de 2014 et jusqu’aux premiers mois de 2015.

El Niño est un phénomène climatique qui se réalise tous les 2 à 7 ans et qui peut avoir une incidence majeure sur le climat mondial. Il se manifeste par une hausse de la température de l’océan Pacifique. Ces eaux tropicales chaudes transfèrent alors cette chaleur vers l’atmosphère, ce qui peut augmenter la température de surface moyenne globale mais également favoriser la réalisation d’évènements météorologiques extrêmes : inondations, sécheresses, cyclones.

Le dernier El Niño majeur remonte à 1997-1998. On lui attribue 23.000 victimes dans le monde et il a provoqué entre 34 et 46 milliards de dollars de dégâts. En 1982 et 1983, un El Niño de grande ampleur semait également le trouble sur la planète. El Niño peut avoir des effets dévastateurs sur l’agriculture et donc la sécurité alimentaire. Par exemple, les récoltes de blé en Australie peuvent être particulièrement affectées.

Pour l’heure, c’est un très « faible » El Niño qui est en marche. Les scientifiques ont noté que les températures à la surface de la mer dans la région Niño 3.4, c’est-à-dire au centre de l’océan Indien, ont été au moins 0,5 °C au-dessus de leur moyenne historique depuis septembre. Enfin, El Niño 2015 arrive bien plus tard dans l’année que d’habitude et ses chances de persister tout l’été sont de 50 à 60 % selon la NOAA. El Niño 2015 est donc peu susceptible de modifier les conditions météorologiques mondiales de façon radicale. Cependant, 2014 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée malgré l’absence de l’enfant terrible du climat. Les années avec El Niño ont tendance à être un peu plus chaudes que la moyenne car d’avantage de chaleur est transférée de l’océan à l’atmosphère. Les températures de 2015 pourraient donc potentiellement dépasser celles de 2014. De quoi renforcer la détermination des décideurs politiques pour trouver un accord à Paris en décembre 2015 lors de la COP21.

Source
Le site de surveillance de la NOAA : www.elnino.noaa.gov
Crédit photos : NOAA

 

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L’océan Austral : véritable poumon de notre planète

L’Homme émet environ 10 milliards de tonnes d’équivalent CO2 chaque année. La moitié de ces émissions se cumule dans l’atmosphère et contribue au renforcement de l’effet de serre. L’autre moitié est absorbée par les puits de carbone : les forêts et les océans. Ces derniers absorbent près de la moitié de ces 5 gigatonnes mais l’océan Austral représente à lui seul 50% de la capacité totale d’absorption des cinq océans, soit près d’un quart de nos émissions globales !
L’océan Austral constitue donc un des rouages essentiels du système climatique mondial et attire l’attention de nombreux climatologues et océanographes.
Le phytoplancton au centre du jeu
Le phytoplancton correspond à l’ensemble des organismes végétaux vivant en suspension dans les océans. Il est un élément clé du cycle du carbone. Ces micro-organismes captent le CO2 atmosphérique grâce à la photosynthèse. Le CO2 est dissout dans l’eau et transformé en calcaire, lequel coule vers le fond des océans où il finit par former les roches sédimentaires.

Plus les émissions de gaz à effet de serre augmentent, plus les océans s’acidifient. Cette acidification s’est déjà accrue de plus de 26% par rapport à l’ère préindustrielle causant des dommages sur la biodiversité marine. La capacité des océans à absorber le gaz carbonique semble arriver à saturation les océans et par conséquent ils pourraient à l’avenir moins capter de CO2… Les océans, et particulièrement l’océan Austral, sont essentiels dans la lutte contre les changements climatiques. Ils seront à coup sûr sur la table des discussions lors de la prochaine grande conférence des Nations-Unies sur le climat, la COP21.

Plus d’infos :

 

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Connecter les marchés du carbone

Un rapport du Comité Énergie et changements climatiques du Royaume-Uni préconise une connexion à l’échelle internationale de tous les systèmes d’échange de quotas d’émissions de CO2.

Selon Tim Yeo, directeur du Comité Énergie et changements climatiques du Royaume-Uni, « donner un prix au carbone est essentiel » pour inverser la courbe mondiale des émissions de CO2. Selon lui, une simple taxe sur le carbone ne permettrait pas d’atteindre nos objectifs de réduction alors qu’un système de plafonnement constitue un outil de régulation des émissions bien plus performant et bien plus incitatif.
Pour ne pas dépasser le seuil des 2°C supplémentaires à l’horizon de 2100, l’ensemble des systèmes cap and trade qui ont émergé à travers le monde doivent être connectés et la COP21 pourrait fixer un cadre à l’harmonisation globale des marchés du carbone. Deux marchés connectés existent d’ores et déjà en Amérique du Nord : entre 9 états du nord-est des États-Unis (RGGI – Regional Greenhouse Gaz Initiative), et entre la Californie et le Québec.

Un marché international du carbone est, selon de nombreux observateurs, la voie la plus économiquement efficace car il permet aux agents d’inscrire leurs investissements bas carbone dans une vision de long terme. De plus, le système de plafonnement des émissions peut permettre de réguler par le haut (bottom-up), ce qui vient contrecarrer l’approche top down vivement critiquée des contributions actuelles au futur accord de Paris. Chaque pays est en effet libre de proposer sa propre contribution en matière de réduction de ses émissions de CO2.

Le marché européen du carbone (EU ETS) qui couvre 1 000 installations dans 31 pays et qui est le plus important au monde, jouera un rôle essentiel dans cette harmonisation. Mais, avant cela, il doit vaincre ses propres démons en mettant en place les mesures d’ajustement et les réformes récemment engagées. Aux dernières nouvelles, celles-ci ne devraient pas voir le jour avant 2018.

Le rapport Linking Emissions Trading Scheme (PDF en anglais)

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