Les volcans, l’autre compensation

Au cours des 15 dernières années, une « pause » a été observée dans la hausse globale des températures. Elle a amené les scientifiques à réfléchir aux causes de ce répit. La faible activité solaire et l’absorption de la chaleur par les océans faisaient partie des pistes envisagées. Mais des données dévoilées fin 2014 suggèrent que l’activité volcanique jouerait un rôle majeur dans ce « refroidissement ».

Les éruptions volcaniques déversent d’importantes quantités de soufre jusque dans la stratosphère. Au contact de l’oxygène, ce gaz se transforme en dioxyde (SO2), puis en sulfate (SO4) qui condense en minuscules particules aérosols. Ces noyaux favorisent enfin la formation de gouttes de pluie et de nuages qui vont réfléchir une partie du rayonnement solaire et ainsi tempérer le réchauffement de la planète. Ainsi, on évalue que le Pinatubo aux Philippines qui a fait éruption en 1991 a abaissé la température planétaire moyenne de 1 °C pendant une année !

Ce phénomène, connu de longue date, n’était pourtant pas inclus dans les projections climatiques. Les éruptions sont en effet difficiles à anticiper et la communauté scientifique pensait que seules les plus importantes avaient une incidence sur notre climat.

Or, ces observations réalisées par satellite changent la donne et montrent qu’entre 2000 et 2013 les petites éruptions ont détourné deux fois plus de rayonnement solaire que prévu. La conséquence : une baisse de la température d’en moyenne 0,08C° à l’échelle du globe.

Ces nouveaux éléments vont sans doute conduire les climatologues à affiner leurs modèles de projection et à considérer d’avantage l’impact des aérosols sur notre climat.

Source : Reporting Climate Science