2016 année de tous les records ?

Ça chauffe encore pour la planète ! L’année 2016 est bien partie pour être l’année la plus chaude jamais enregistrée depuis que les relevés de température existent. D’après le rapport sur l’état du climat en 2015, récemment publié par le NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), plus de 450 scientifiques de 62 nationalités s’accordent à observer une recrudescence des perturbations climatiques. 2016 est la 9ème année consécutive à battre un record de température. Les 6 premiers mois ont été les plus chauds jamais observés depuis 1880: Il semblerait que le réchauffement climatique ne soit pas prêt de ralentir. Les résolutions prisent lors de la COP21 pour le contenir sous la barre des +1,5°C sont alors plus que jamais indispensable.

Cette augmentation de la température est plus importante du côté de la banquise arctique dont la fonte s’est accélérée, aujourd’hui sa surface minimale diminue de près de 13 % par décennie. De plus le phénomène El Niño a été particulièrement impactant, puisque il a globalement réchauffé les eaux de l’océan Pacifique sur une majeure partie de l’année 2015 et provoque encore de nombreux épisodes de sécheresse. À l’heure actuelle, il contribuerait à 40 % du réchauffement observé. Le bilan reste également alarmant concernant le niveau des mers, qui atteignent leurs plus hauts niveaux depuis 1993.

Malgré les nombreux efforts entrepris par la communauté internationale, les actions restent en réalité très peu concrètes. Les dernières projections montrent que le pic d’émissions des gaz à effet de serre, n’a toujours pas été atteint et donc qu’aucune réelle chute mondiale des émissions ne s’est encore amorcée. La transition énergétique reste à l’avenir le moyen le plus efficace pour diminuer les émissions mondiales et ainsi faire chuter les concentrations en GES. Les mesures devront être mises en place le plus rapidement possible avant que les températures ne s’emballent plus encore.

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Une coalition pour un prix du carbone

La Coalition pour la tarification du carbone (Carbon Pricing Leadership Coalition – CLCP) formée en septembre 2014 regroupe 74 pays et plus de 1000 entreprises. L’ambition de cette coalition est d’alimenter un dialogue fructueux entre décideurs publics et privés sur les opportunités d’étendre les politiques de tarification du carbone. La France, l’Allemagne, le Mexique, le Canada, le Chili ou encore l’Éthiopie font partie de cette coalition.

Aujourd’hui, seulement 12% des émissions de carbone sont couverts par un mécanisme de tarification, que ce soit sous forme de taxe ou bien de quotas d’émissions. La CLCP souhaite atteindre 50 % d’émissions couvertes d’ici 2030. Pour cela, elle propose de soutenir les projets de tarification volontaire et surtout de fixer un prix significatif du carbone afin d’atteindre les objectifs de réductions des GES.

Une vingtaine de sociétés canadiennes ont récemment montré leur volonté d’agir dans ce sens en rejoignant la Coalition sous l’impulsion de Catherine McKenna, ministre de l’Environnement du Canada. Un bon signe pour l’avenir du climat puisque le Canada est dans le top 10 des pays les plus émetteurs en CO2 au monde.

Le 17 juin, dernier, Ségolène Royal, Présidente de la COP21, a présidé le forum de haut niveau de la CLCP. Dans le cadre de ce forum, un rapport rédigé  Pascal Canfin, Gérard Mestrallet et Alain Grandjean a été remis à la Présidente. Il pose des propositions concrètes sur la mise en place d’un prix du carbone permettant d’orienter les investissements des citoyens, des élus et des entreprises vers les projets et les produits les plus favorables au climat, notamment en relevant le prix actuel du carbone et en réformant le marché européen du carbone.

Plus d’infos sur le rapport ici

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GIEC : un nouveau cycle est en marche

Le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) a répondu favorablement à la demande faite par les États lors de la COP21 pour rédiger un 6ème rapport qui paraitra en 2018. Cette nouvelle expertise aura pour but d’établir les conséquences d’un réchauffement contenu sous la barre des +1,5°C, énoncé par la communauté internationale à Paris, comme étant la limite fixée à ne pas dépasser d’ici 2100. Il établira aussi les prévisions et les futures évolutions des émissions de gaz à effet de serre qui évolueront en conséquence.

2 autres rapports complémentaires ont été commandés par certains États (comme la France, la Chine ou les États-Unis). Ils concernent :

  • Les liens et les effets du changement climatique sur les océans et la cryosphère
  • Les effets du réchauffement sur les écosystèmes : désertification, dégradation des sols, sécurité alimentaire et flux de gaz à effet de serre.

Ces « rapports spéciaux » seront remis aux gouvernements à l’horizon 2022.

Créé en 1988 par le OMM et PNUE, afin d’effectuer une expertise indépendante concernant l’évolution du climat, le GIEC mobilise pendant plusieurs années des centaines de scientifiques à titre bénévole. Son dernier rapport a été remis en 2014 et a servi de base de travail pour les négociations durant la COP21.

Si le GIEC avait jusqu’à aujourd’hui un rôle limité à la détection et l’attribution des dérèglements climatiques, un nouveau cycle de travail est en marche. Ce 6ème rapport permettra sans doute d’apporter un éclairage nouveau sur le sens des efforts collectifs à fournir par les différents pays, en vue d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2.

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